Avez vous peur de vieillir? Quel âge avez-vous? Voilà! La question indiscrète est lancée. Probablement que vous vous dites. “Ben non! Bien sur que non je n’ai pas peur de vieillir!” Vous vous dites que les années forment la jeunesse. Peut-être que vous vous racontez des histoires pour vous rassurer et du coup vous faire oublier que le sablier est retourné et qu’en réalité vous sentez que les années vous glissent entre les doigts.

Je vous pose cette question parce que je me la suis posée aussi. J’étais certaine que je n’avais pas peur de vieillir. Je m’amusais à croire que le temps n’allait pas m’attraper. Je disais à qui veut l’entendre que je n’avais pas d’âge. On peut se croire éternelle. Puis l’an dernier une amie est décédée, puis ensuite plusieurs amis de mes amis ont suivi. Et j’ai réalisé que la peur de vieillir est subtile. Elle est parfois déguisée dans une sorte d’acceptation diffuse. On accepte son âge parce qu’on a pas le choix. On s’étourdi comme à 2o ans mais on souffle les bougies avec une joie qui décline d’une année à l’autre. Puis on fouille dans les souvenirs avec une nostalgie inavouée en regardant notre teint de pêche sur nos vieux polaroid.

La peur de vieillir n’est pas facile à identifier. Ce n’est pas comme avoir peur d’une véritable menace. C’est plutôt un sentiment diffus, une sorte de lassitude. C’est le contraire de la joie et un manque d’émerveillement. Un endormissement. En regardant vivre des femmes matures autour de moi j’ai réalisé que la peur de vieillir se cache parfois dans une forme de résignation. Je n’ai pas aimé ressentir ça. Et j’ai compris que pour ne pas avoir peur de vieillir il faut célébrer SA vie à chaque instant. Aimer aussi comme notre cœur nous dicte de le faire.
Parce que la Vie avec un grand V ne résigne pas. Les saisons ne disent pas: “Bof, encore une floraison qui va durer seulement 4 mois!” Les saisons s’éclatent allègrement dans toute la largesse que leur offre la Vie. Et j’ai vu que j’étais conçue d’une série de saisons et que chacune devait s’éclater avec toute la puissance de la passion qui m’habite.

Puis je me suis regardée nue dans la glace. Sans maquillage. J’ai vu que mon regard bleu de mer n’a pas changé au fil des années. Il scrute toujours la vie avec la même intensité. J’ai regardé mes rides qui commencent à parler un nouveau langage. Elles m’apprennent la langue du cœur. Une langue que j’écoute de plus en plus souvent parce qu’elle me dicte de prendre le temps de vivre. J’ai regardé ma bouche qui n’a jamais cessé d’embrasser et qui ne cessera jamais de le faire. J’ai regardé mon cou qui me tient droite comme un arbre de vie; mes mains qui savent toujours caresser un front; ma poitrine qui connait la tendresse des étreintes; mes jambes qui ont trois fois vingt ans et qui marcheraient Compostelle aller retour. Et j’ai souris.

Je regardais ma peau qui s’est adaptée à toutes les intempéries. Ma peau comme un vêtement pas encore flétri mais réclamant de l’eau comme un rosier dans le jardin. C’était un moment de grâce dans lequel je comprenais toute la puissance de l’énergie féminine.

Je regardais mon regard bleu de mer et de mère. J’avais marché sur la ligne du temps comme une funambule. J’avais traversé des océans de peine et des amours lumineux et j’étais encore là debout, digne comme une déesse.
J’ai parcouru plus de la moitié du trajet sans doute. Seul Dieu saurait me dire comment long sera le reste de l’itinéraire. Mais une chose est certaine: je me suis choisie et désormais je sais que je vais continuer de célébrer mes passions et mes désirs du cœur. L’Amour est devenu mon mantra et la grâce de l’âge me dit que c’est le moment le célébrer.

La conscience au féminin est devenue le cœur du programme qui sera dévoilé cet automne. Parce que je sais que vous êtes nombreuses et nombreux à ressentir cet appel de vivre aligné avec votre âme. Célébrer la grâce de l’âge – vivre de nos passions et partager nos dons et nos talents, c’est sans doute ça qui donne à la vie un goût d’éternité.

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