De l’immensité des océans, à l’infini des paysages, des cathédrales des hommes à celles construites à ciel ouvert dans le roc, tout nous interpellent si nous savons nous émerveiller

 

«C’était il y a longtemps. J’avais tout quitté, le travail, les perspectives utopiques d’une relation qui n’allait jamais grandir de toute façon. Quittant tout, en quête de moi je suis partie. Seule. Avec moi pour seul bagage. Je suis partie pour entrer dans le monde comme on revient en classe pour y faire ses gammes. J’avais besoin d’apprendre. On a souvent besoin de créer un dépaysement pour se tracer un nouvel itinéraire qui nous ressemble. Mais qu’en est-il des itinéraires que la vie nous trace pour nous permettre d’aller plus loin. De grandir encore plus. Sommes-nous toujours en mesure de voir que où que nous allions, nous allons toujours à la rencontre de nous-mêmes? Parce que ce vers quoi nous allons est le reflet de nos quêtes, la plupart du temps.»

Parce que parcourir le monde, explorer des contrées perdues et s’envoler vers de nouveaux horizons, c’est aller à la rencontre de soi. Toujours. On n’y échappe pas. C’est dans l’acte de partir qu’on se rencontre inévitablement. Mais c’est aussi dans les escales qui nous sont données de vivre qu’on découvre notre musique intérieure. Celle qui s’accorde avec le monde. Nous entreprenons ce voyage avec un cœur rempli de certitude de trouver le saint Graal. C’est ça la magie de notre quête croyons nous: trouver la pierre philosophale qui nous donneras l’illumination. Le bonheur. Et pourtant on revient avec quelques ratés parfois – avec l’impression d’avoir manqué ce rendez-vous avec nous-mêmes, sans trop savoir ce qui nous a échappé.

Vous est-il arrivé de vous retrouver proche d’une sorte de révélation et de sentir que vous aviez raté quelque chose? Vous est-il arrivé de vous fixer des objectifs et qu’en chemin votre inconscient vous amène ailleurs. Dans un ailleurs qui n’était pas prévu au programme mais où vous avez tout de même l’impression d’être curieusement attendus. C’est comme ça, lorsque nous choisissons d’aller au-delà des limites de notre itinéraire dans une sorte d’ouverture et de confiance.

On peut avoir l’impression de rater quelque chose au début. Puis nous réalisons que nous avons toute la vie devant soi pour aller là où notre cœur nous porte. Nos rêves nous attendent et il n’est jamais trop tard pour les réaliser. Les détours sont parfois nécessaires. Nous ne ratons jamais rien. Quand le timing n’y est pas c’est qu’il y a probablement quelque chose de plus grand devant soi. On ne soupçonne jamais qu’un imprévisible détour, débouche sur une lumière qui nous coupera le souffle. Et pourtant c’est ce qui arrive souvent.

« J’en arrive à comprendre que ce que j’ai cru rater parfois, était  juste une promesse que quelque chose de beaucoup plus vaste allait se dérouler devant moi si je continuais de garder le cap sur mon projet bonheur. »

J’ai tant d’exemples de ces fois où j’ai manqué un rendez-vous avec un moment d’histoire ou avec un lieu mythique qui faisait du sens pour moi sans pour autant anéantir mes rêves. Je pense à ce jour à Paris où je suis passée tout près de la cathédrale Notre-Dame sans pouvoir la visiter à cause d’un parcours que je ne contrôlais pas; cette autre fois à Milan où j’ai entraîné mes amies à la recherche de l’église Santa Maria delle Grazie https://legraziemilano.it  un monastère dominicain de Milan pour admirer l’œuvre de Leonard de Vinci. Je voulais voir la cène de mes yeux, mais sans réservation pour la visite, nous avons dû rebrousser chemin. Puis cette autre fois à quelques heures de réaliser mon rêve de voir le Grand Canyon. L’image de ce gouffre rouge vif était épinglée sur mon vision board au côté de tous mes autres rêves à réaliser depuis longtemps. Je savais que j’y poserais les pieds un jour. Je le savais. Et c’est encore tout aussi présent aujourd’hui. Nous avions prévu réserver un hélicoptère pour survoler ce joyau. Le scénario était clair comme vrai. Mais au matin les gens avec qui je voyageais ont dû changer leur plan et comme mon retour était prévu dans les jours qui suivirent je n’ai jamais pu voir le Grand Canyon. S’envolait du même coup Las Vegas que je rêvais de visiter.

Et j’ai compris que les lieux qui nous attirent tellement ont un lien avec ce que nous sommes. Je comprends pourquoi un jour il y a très longtemps j’ai posé cette image du Grand Canyon sur mon tableau de visualisation. Peut-être qu’inconsciemment ce symbole me rappelait que nous ressemblons intérieurement à l’infini de cette image. Nous sommes ces mythiques endroits porteurs de notre histoire. Nous sommes cette cathédrale plus grande que nature, nous sommes cette oeuvre d’art qui soutient l’histoire du monde et nous sommes cette vallée infinie aux couleurs de feu. Nous sommes ce chemin de Compostelle que nous parcourons jour après jour. Et toutes les quêtes que nous poursuivons sont tellement symboliques.

Ce qui nous fascine tant dans le monde est un reflet de notre capacité de percevoir ce qui fait du sens pour nous. Tant les rendez-vous manqués que les rendez-vous divins. Et j’ai compris que nos rêves nous attendent toujours. Ils soupirent pour que nous les réalisions parce qu’ils ont quelque chose de plus grand que nous à nous dévoiler. Quelque chose qui fait du sens.

Alors, épinglez des images sur votre tableau de visualisation. Rêvez grandSeul ou avec votre compagnon de vie. Mais ne cessez jamais de rêver – de faire des plans – d’écrire vos objectifs et de nourrir ce qui fait du sens pour vous. Croyez dans vos rêves car ils vous reflètent beaucoup plus que vous ne pouvez l’imaginer.