As-tu l’impression qu’il manque quelque chose à ta vie d’adulte prisonnier de la routine? Est-ce qu’il t’arrive de penser qu’une partie du scénario que tu as écrit s’est perdu dans l’espace du temps? Quelles images émergent de ta mémoire en pensant à ton adolescence? Est-ce qu’il y a une part de tes rêves qui est restée intacte!

Adolescente, j’avais la tête pleine de rêve de liberté et je croyais aux miracles. Je savais intuitivement qu’on peut embellir un quotidien d’apparence banal simplement en changeant notre perception de ce que nous vivons. Je le savais. Et tu le sais aussi parce que la liberté, l’amour et la beauté, ça fait partie de ton ADN.

Ça c’était juste hier. Juste avant que la vie adulte te kidnappe un peu trop tôt. C’était le temps où tu grattais la guitare au coin du feu, le temps où les jeunes partaient pour la Vallée d’Okanogan ou sur un no where, l’époque où je rêvais de quitter ma petite ville pour aller étudier la photographie à Montréal. C’était l’époque où malgré les interdits, nos rêves nous construisaient.

Petit à petit, tes rêves tissaient ce que tu allais devenir.

Ce désir de liberté est resté tatoué dans nos cœurs. Il ne s’effacera jamais. Il suffit de prendre le temps de déposer nos trop lourds bagages pour le laisser s’exprimer. Un jour nous avons quitté les bancs d’école pour prendre notre baluchon. Nous sommes devenus des artistes à notre manière. Des allumeurs de rêves. La science ou la musique s’est éveillée pour les uns, pour les autres l’écriture ou l’art du mieux vivre. Mais toujours, notre curiosité a dressé ses antennes. Parce que nous sommes conçus ainsi, libres et créateurs, pour aller là où nous sommes attendus. 

La jeunesse s’inscrit dans la musique du cœur que nous entretenons.  

Tu n’as rien perdu de ta soif d’émerveillement. Ni de ta fougue. Jeune, tu étais porté par quelque chose de plus grand que toi et tu l’es toujours. Pense à ton adolescence, à ce journal intime jauni, seul témoin de tes premiers baisers et de tes pommettes rougies. Le monde t’appartenait. Tu portais un idéal et tu n’avais pas peur de partir à la conquête de tes rêves. C’était l’époque des grandes questions sur la vie, sur l’amour et sur ta soif de liberté. Moi je me réfugiais dans ma piaule tapissée de posters psychédéliques en écoutant des 33 tours sur le pick-up.  Déjà l’écriture était mon oxygène.

Je suis restée la même. On ne change pas tant. À mes débuts comme journaliste je manquais d’air lorsque je devais rapporter les faits divers sur un ton beige. Je ne comprenais pas pourquoi j’avais tant besoin d’exprimer la beauté du monde pour pallier aux impondérables de l’ordinaire.  Ce que nous avons enfoui en nous n’est jamais bien loin de la surface. Il n’est jamais trop tard pour renouer avec qui nous sommes vraiment. 

La création de ce qui t’interpelle se révèle dans les mots d’aujourd’hui mais aussi dans ceux d’hier. La pureté du cœur reste toujours intacte et l’écriture te permet de retrouver cette pureté. Je crois en l’expression de soi par l’écriture, par la musique et par la création visuelle. Pour renouer avec notre élan de liberté et d’amour qui ne demande qu’à vivre, l’écriture est un vortex.

Tu peux écrire pour laisser parler les soirs de lune et les rivières; écrire pour rejoindre une facette de toi que tu n’aurais pas pu rejoindre autrement. Écrire pour mettre des paroles sur une musique, écrire pour entrer dans le cœur de l’autre.

L’écriture permet un retour à ta Maison et la musique ta signature de liberté. Les deux s’inscrivent dans un processus artistique qui te révèle au monde.  Écris pour retrouver ton or – pour l’exprimer et la partager dans le monde.