Écrire à partir de sa lumière

Écrire à partir de sa lumière

Je veux clarifier quelque chose d’important au sujet de la spiritualité. 

Parler de spiritualité dans un processus d’écriture, ce n’est pas fuir la réalité ni vivre dans un monde de licornes. Ce n’est pas croire qu’un livre s’écrira par magie parce que l’on médite, que l’on prie ou que l’on fait confiance à l’univers.

Non. Écrire un livre est une aventure profondément humaine.

C’est accepter de traverser le doute, les remises en question, les pages blanches, la peur d’être jugé, le syndrome de l’imposteur et parfois l’envie d’abandonner.

Je n’ai jamais rencontré un auteur qui n’ait pas connu ces passages.

La spiritualité, telle que je la vis, ne consiste pas à éviter ces traversées. Elle consiste à les habiter autrement.

Elle nous rappelle qu’au-delà de nos peurs existe une lumière qui ne disparaît jamais.

Parfois, elle semble bien faible. Parfois, les nuages la cachent complètement. Pourtant, elle demeure là, fidèle, attendant simplement que nous levions à nouveau les yeux.

Écrire, c’est souvent, retrouver le chemin vers cette lumière.

Pour moi, la spiritualité, c’est…

  • Continuer de croire même lorsque le doute murmure que notre histoire n’a aucune valeur.
  • Écouter cette petite voix qui sait où le récit veut aller, même lorsque notre mental réclame des certitudes.
  • Accueillir les émotions qui émergent plutôt que de chercher à les contrôler.
  • Faire le ménage dans les croyances qui nous empêchent de prendre notre place comme auteur.
  • Distinguer ce qui vient de la peur ou de notre vérité.

Écrire un livre demande plus que de la discipline.

Cela demande de la présence. La présence à ce qui cherche à naître.

Car chaque histoire porte sa propre intelligence.

J’aime croire que les livres existent déjà quelque part, comme une possibilité. Notre rôle n’est pas de les inventer complètement, mais d’être disponibles pour les entendre.

Bien sûr, cela ne remplace ni la structure, ni les techniques d’écriture, ni les réécritures parfois exigeantes.

Au contraire.Plus nous sommes alignés intérieurement, plus nous pouvons construire une architecture solide autour de notre histoire.

C’est pourquoi je ne sépare jamais le sacré du concret. 

L’intuition nous révèle le chemin. La structure nous aide à le parcourir. La foi nous permet de continuer lorsque tout semble bloqué. Et la méthode transforme cette inspiration en un vrai manuscrit.

Je crois que les auteurs ont besoin des deux. L’intuition et la structure.

Parce qu’un livre ne naît pas seulement d’une bonne idée, mais d’une rencontre entre notre humanité et quelque chose de plus grand que nous. 

Une spiritualité qui garde les pieds ancrés dans le réel et le cœur ouvert à l’invisible. Un esprit qui n’efface ni les difficultés ni les doutes, mais qui nous apprend à avancer avec eux.

Car la lumière n’est pas au bout du chemin. Elle est en nous. Et chaque fois que nous écrivons à partir de l’encre de notre vérité, nous lui permettons de prendre plus de place sur la page.

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