Et si votre livre avait besoin d’être découvert?

Ces derniers jours, un mot dans le contexte politique et culturel à propos des grandes plateformes comme Netflix a retenu mon attention. : la découvrabilité.

Un mot qui dit qu’une œuvre peut exister sur une plateforme, être disponible à tous, être même extraordinaire. Mais si personne ne la voit, si elle n’est jamais recommandée et demeure enfouie parmi des milliers d’autres titres, elle reste, dans les faits, invisible. Elle est là. Mais jamais découverte.

Et je me suis dis : et si c’était vrai aussi pour les auteurs ?

Votre livre peut exister sans être découvert

Je rencontre parfois des personnes qui portent une histoire depuis des années. Elles ont traversé et compris des choses que d’autres n’ont pas encore comprises. Elles ont des dizaines, voire des centaines de pages dans des cahiers, des fichiers, ou dans leur tête. Elles savent qu’elles ont quelque chose à transmettre. Et pourtant, quelque chose reste en suspens. Invisible.

Parce qu’écrire un livre, ce n’est pas seulement accumuler des pages. Il faut trouver le fil qui relie tout ce que l’on veut raconter, comprendre ce qui, dans notre histoire, mérite d’être transmis. Oser regarder ce que l’on a longtemps évité. 

Et surtout, il faut réussir à faire émerger une œuvre qui porte notre empreinte.

C’est là, je crois, que la découvrabilité prend son sens. Elle ne commence pas avec la publicité, ni avec Instagram, ni même avec la publication de votre livre. Elle commence avec la clarté qui soutient l’oeuvre

Être découvrable, ce n’est pas chercher à être visible à tout prix

Cette nuance me paraît essentielle. Nous vivons une époque qui nous pousse sans cesse à nous montrer, à publier, à parler de nous, à créer du contenu, à construire notre marque. Mais je crois qu’il existe une autre façon de penser la visibilité.

Je ne veux pas seulement être visible. Je veux être reconnaissable. Je veux que mon œuvre porte une voix assez singulière pour qu’une personne, se dise simplement : je ne sais pas pourquoi…mais quelque chose ici me parle.

La découvrabilité n’est pas juste une affaire d’algorithmes. C’est aussi une question d’identité créative. Plus une œuvre sait qui elle est, plus elle trouve son chemin vers les personnes à qui elle est destinée.

Avant d’être découvert, il faut avoir quelque chose à faire découvrir

C’est ça qui m’intéresse le plus. Avant de chercher son public, l’auteur doit regarder en lui-même.

Qu’est-ce que je veux vraiment dire ? Pourquoi cette histoire veut-elle être racontée ? Qu’est-ce qui, dans mon expérience, peut devenir universel ? Quelle transformation ai-je traversée ? Quelle voix est la mienne ? Et qu’est-ce que je veux laisser derrière moi lorsque le livre sera refermé ?

Ce sont des questions qui ne trouvent pas toujours leur réponse devant un écran. Elles ont besoin d’espace, de silence, de conversations profondes, d’écriture, de recul. Souvent, d’un autre regard.

C’est précisément l’espace que j’ouvre

C’est pour cette raison que je ne me reconnais pas dans l’idée de « coacher » quelqu’un pour qu’il écrive son livre. Ce que j’ouvre, ce sont des espaces de rencontre : une rencontre avec son histoire, avec sa voix, avec ce qui cherche à naître, avec ce qui demande à être compris, transformé — et, avec cette œuvre qui, depuis longtemps, cherche sa forme.

Certaines histoires ne demandent pas à être racontées. Elles demandent à être révélées. Et lorsqu’une personne comprend ce qu’elle veut vraiment transmettre, son écriture change. Son regard change. Sa façon de raconter change. Et peu à peu, sa signature apparaît. C’est là que la découvrabilité devient intéressante, parce qu’une œuvre  incarnée possède quelque chose qu’aucune stratégie de visibilité ne peut fabriquer : une présence.

Peut-être que votre livre ne cherche pas seulement à être publié

Peut-être qu’il cherche à être découvert. Par une femme qui traverse ce que vous avez traversé. Par un homme qui trouve dans vos mots une permission qu’il attendait. Par quelqu’un qui ouvrira votre livre au hasard …

Nous ne pouvons pas savoir qui découvrira notre œuvre. Mais nous pouvons travailler à ce qu’elle soit assez claire, assez authentique, assez incarnée pour être reconnue lorsqu’elle rencontrera son lecteur.

C’est une autre façon de concevoir la visibilité. Une visibilité qui ne consiste pas à crier plus fort, mais à devenir suffisamment soi-même pour être reconnu.

Et c’est peut-être cela, au fond, la véritable découvrabilité d’un auteur : créer une œuvre qui porte si clairement sa voix qu’elle trouve d’elle-même le chemin jusqu’à celles et ceux qui avaient besoin de la rencontrer.

C’est l’espace que je souhaite offrir à celles et ceux qui viennent écrire leur histoire avec moi. Un espace pour écrire. Un espace pour la véritable écoute. Mais surtout, un espace pour faire émerger ce qui mérite d’être découvert.

www.dianenoel.ca

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